_**« Quelle que soit notre ligne éditoriale (économie durable, développement durable, RSE ou autre) ignorer le massacre de Gaza et de ses 260 journalistes tués, c’est trahir la presse et trahir le public. »**_
_**260 journalistes ont été assassinés depuis le début de la guerre. Derrière chaque nom, une vie, une famille, une mémoire que l’on tente d’effacer. Mais sans vérité, aucune société ne peut être durable.**_
Le 10 août 2025, Anas al-Sharif, journaliste d’Al Jazeera, a été tué dans une frappe israélienne à Gaza. Ce n’était pas un accident, ni un « dommage collatéral ». Anas savait que sa vie était en danger. Cinq mois plus tôt, il avait rédigé son testament. Il avait confié à ses proches qu’il avait un mauvais pressentiment. Ce n’était pas de la paranoïa, il avait reçu des menaces de mort directes de la part d’Israéliens. Il n’était pas seul..... Avec lui sont tombés :
• Mohammed Qreiqeh, journaliste d'Al Jazeera ;
• Ibrahim Zaher et Mohammed Noufal, photographes d’Al Jazeera.*
Quatre voix qui filmaient la guerre pour que le monde ne puisse pas dire « on ne savait pas ».
**260 journalistes : un massacre méthodique**
Selon Al Jazeera, 260 journalistes ont été tués depuis le début de la guerre. Ce ne sont pas que des noms, ce sont des existences brisées, des familles entières effacées.
Pour Anas, le prix était déjà terrible, une dizaine de ses proches avaient été tués, dont son père, avant qu’il ne tombe lui-même. Et malgré cela, il est resté. Parce qu’il savait que si lui ne racontait pas, personne ne le ferait.
À Gaza, le ciblage des journalistes n’est pas un hasard c’est un outil de guerre.
Tuer un reporter, c’est effacer des images, des preuves, des histoires. C’est priver les victimes de justice avant même qu’elle ne soit envisagée.
**Institutions internationales : votre silence est complice**
À quoi servent les chartes, les traités, les conventions, s’ils peuvent être piétinés sans conséquence ?
L’ONU rappelle souvent que l’ODD 16 place la liberté d’informer au cœur des institutions justes. L’UNESCO se présente comme la « gardienne » de la sécurité des journalistes. La CPI, elle, reconnaît que le ciblage délibéré d’un reporter constitue un crime de guerre. Et pourtant, 260 journalistes sont tombés à Gaza.
Pendant que les micros se taisent et que les caméras s’éteignent sous les bombes, les réactions officielles se résument à des condamnations timides, des preuves archivées, des colloques organisés.
Documenter reste nécessaire, mais insuffisant. Les rapports et les archives ne sauvent pas de vies. Les enquêtes internationales ne devraient pas s’arrêter aux communiqués, elles devraient être suivies de mécanismes capables d’empêcher le prochain tir sur un gilet “PRESS” et de sanctions réellement dissuasives à l’encontre de ceux qui ordonnent ou exécutent ces attaques.
Tant que les institutions se contentent de regarder, chaque journaliste tué porte aussi la marque de leur incurie...de notre incurie ! car nous portons tous une responsabilité historique face à ce qui se passe.
**Le développement durable sans vérité est une illusion**
La vérité est un bien commun. Sans elle, pas de justice, pas de paix, pas d’avenir.
Anas, Mohammed, Ibrahim, Mohammed, et les 256 autres ne sont pas tombés pour rien. Chaque voix qu’on essaie d’étouffer devient un écho plus fort.
On peut tuer un corps, mais pas une vérité. Tant qu’il restera un journaliste pour témoigner, le mensonge ne gagnera pas. Anas avait prévu sa mort, mais pas l’oubli. Pendant plus de 18 mois, il a confié la vérité au monde, et elle ne pourra pas être effacée. À qui le tour ?
Gaza : tuer la presse, c’est tuer la vérité et la durabilité des sociétés
W
WB
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